L’abbé Bruno,
le prêtre gigolo Chap 5

CHAPITRE 5

Il est 3h du matin. Le gaillard dort profondément. Mais Dr Kouadio Vickye souffre dans le lit. Elle a l’insomnie. Le sirop qu’elle a bu la torture. Elle brûle de désir. Elle tourne sur elle-même dans le lit. Elle croise et décroise ses jambes. La pauvre. Sirop avec porto dans son corps et Bobrun qui dort. Elle respire son homme. Elle sent l’odeur et le parfum de son Apollon. Elle le regarde. Elle le contemple dans son beau boxer en coton blanc. Elle admire ses muscles. Il est là, juste là, à côté d’elle. Mais elle n’y a pas droit, alors qu’elle en a follement envie. Il dort. Bobrun dort. 


Tragique destin de la pauvre dame qui a préparé sa soirée. Elle a tout misé sur cette nuit. La nouvelle télé, les pétales de rose, les fumigènes roses, le nouveau drap fuchsia, sans oublier le pangolin avec gnangnan. Et lui, il dort. Il ne file pas. Oh non, ça fait mal. Ça fait pitié. Elle fait pitié. Que faire ? 
Dr Kouao ne tient plus. Elle se lève, elle fait un tour dans les toilettes. Elle revient s’asseoir dans le lit et met ses jambes en cerceau. Elle est belle Dr Kouao. C’est une belle femme. Une femme amoureuse. Une femme excitée qui a l’insomnie. Une femme qui a un bel homme couché juste à côté d’elle. Elle le veut. Elle le désire. Elle a envie de lui. Il fait envie. Il donne envie. Oui Bobrun donne envie, mais il dort. Dr Kouao ne mangera pas ça. 

Bientôt il va faire jour. Il faut qu’elle trouve quelque chose. Il faut qu’elle fasse quelque chose.

 
Dans son sommeil profond et « comateux », l’abbé Bruno se retourne et se retrouve sur le dos. Quand Dr Kouao regarde les arguments du prêtre, elle ne tient plus. Elle est fan. Alors elle décide de se mettre good sinon elle ne pourra pas s’endormir comme ça. Ngbebassa !
La pauvre femme se gomme. Elle se libère. Elle se visite. Elle est en auto-goal. contre son camp. Ça réussit. Elle est good… Enfin ! Elle retourne dans les toilettes pour les derniers détails. Elle revient. Elle est soulagée. Elle peut enfin s’endormir à côté de Maloco le dormeur, le gnata, l’ingrat, le méchant. 


Il est 6h ; l’abbé Bruno est réveillé. Il est sur pied. Il est en forme. Il va prendre son bain et revient. Dr Kouao dort encore. La nuit a été pénible pour elle. Elle a trouvé le sommeil il n’y a pas très longtemps. 
L’abbé Bruno doit partir à l’église. Il s’apprête. Ce matin, ce n’est pas lui qui dit la messe. C’est le père curé, le chef, le véritable patron qui fait la messe. Mais Bobrun va aider pour la communion. Ensuite il doit recevoir les paroissiens pour évacuer les affaires courantes. 
Il s’apprête. Il se sape. Il se fait bien. Il se fait frais. L’abbé Bruno ne vient jamais dans la garçonnière avec la soutane. Soit il la laisse dans la voiture, soit au bureau à l’église. Il a fini. Il est prêt à partir.

Il réveille la gnanhi pour lui dire au revoir.
– L’abbé Bruno : – « Bjr chérie ! »
– Dr Kouao : – « Hééé ça va ? Comment tu te sens ce matin mon cœur ? » 
– L’abbé : – « Si si ça va, t’inquiètes. C’était juste un petit malaise. Ça va, je suis en forme. »
– Dr Kouao : – « Dieu merci. J’ai eu peur, tu sais. »
– L’abbé Bruno : – « Oui c’est normal, je comprends. Mais ça va, y a rien. Je dois partir. Tu connais la route là avec les embouteillages. » 
– Dr Kouao : – « Oui bien sûr bb. Mais avant, bois un verre de jus d’orange stp. Ça va te faire du bien. Il y en a dans le frigo ». 
– L’abbé Bruno : – « Ok Maman ! Je vais boire. Je t’appelle plus tard ! »
– Dr Kouao : – « Pas de soucis. Je serai à la pharmacie. Ma garde finit demain lundi. Je vais aller remplacer mon assistant là, pour qu’il se repose un peu. »
– L’abbé Bruno : – « Ça marche. J’arrive, je bois le jus d’orange et je viens te faire un bisou avant de partir. »
– Dr Kouao : – « D’accord bb ! »

L’abbé Bruno sort de la chambre et va à la cuisine pour boire le jus d’orange. Il revient dire au revoir à la go. Surprise ! Dr Kouao sort un boitier du tiroir de la tablr de chevet et le tend à Bobrun. Le gaillard ouvre. Il est fan. La dame vient de lui offrir une montre Rolex 1822, bracelet chromé. Il sourit. Il est fan de ça. Il aime ça. C’est un gigolo. Un gigolo qui encaisse les taxes mais qui ne file pas. La dame ne fait que payer les taxes. Le gnata ne favorise pas la consommation. En seulement 24h, la dame lui a donné une télé écran de dernière génération et une montre Rolex 1822, la montre des chefs. Elle ne veut rien d’autre qu’un peu de filtisac en jute. Mais lui, il est en anangoplan. Il est énervant ce gars-là.

 
Il prend la montre, il embrasse gentiment la go et porte automatiquement le nouveau boto. Il sort et monte dans sa grosse voiture que Dr Kouao lui a donnée. La Belle-Mère-Wobêt.
Cet après-midi, il a RDV avec Dame Mélie. Donc le type s’est bien apprêté. Bien sapé, un pantalon kaki bien coupé à l’anglaise, avec une chemise à manches courtes en lin, toute blanche de chez Façonnable, le tout avec des basket Puma. Il est frais. Garçon frais. L’abbé Bruno alias Bobrun.


Il arrive à l’église. Il descend de la voiture et marche vers le bureau des prêtres. La messe commence toute à l’heure à 8h. Il voit des attroupements. Il sent que quelque chose ne va pas. Un véhicule de la gendarmerie est dans la cour de l’église avec son gyrophare allumé. Une ambulance est garée. Quelque chose ne va pas. Quelque chose se passe à l’église. Quelque chose a dû se passer dans le coin. 
L’abbé Bruno ne comprend rien. Lui qui, en temps normal, est le maître des lieux. Quelque chose lui échappe à cet instant précis. Il marche vers son bureau. Un enfant de chœur vient prendre son sac. Il demande au petit ce qui se passe. « C’est tantie Marina la secrétaire », répond le petit garçon. 

A suivre…

Jacques Konan, l’écrivain zouglou

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