L’abbé Bruno,
le prêtre gigolo Chap 4

CHAPITRE 4

Panique dans la garçonnière ! Dr Kouao s’arrête un instant, le verre d’eau dans la main. Elle est perdue. Elle tremble. Ses larmes coulent. Elle marche lentement vers son amoureux mourant, étendu sur le sol. Elle est en panique. Elle s’écrit : – « Seigneur non !!!!! Pitié ne me fais pas ça Papa ! Pardon mon Dieu, non ! Pas ça ! »

La go arrive au chevet de son bien-aimé. Il est inconscient. Elle l’appelle en sometimes :
– « Bb ? Bobrun ??? Réponds-moi stp !
-Heeee Seigneur, pourquoi ??? »
L’abbé Bruno ne répond toujours pas.

 
Dr Kouao est en zôgôbadi. Elle pose le verre d’eau par terre et s’agenouille auprès de son chéri. C’est une pharmacienne. Elle connaît les petits ting-tang de médecine. Elle est en larmes mais elle tente un bouche-à-bouche pour essayer de ranimer son bonami. Elle tire les paupières du gaillard pour voir ses yeux… Mouf !!! Le gnata a toujours les yeux fermés.

Elle continue le bouche-à-bouche. Toujours rien. Ça ne va pas ! La panique est à son paroxysme dans la maison de Mr et Mme Bruno. 


Dr Kouao s’assoit et pose la tête de son Bobrun sur ses belles cuisses. Le sein qu’elle a sorti de la nuisette rouge, pour en faire don à son apollon est toujours à découvert. Elle n’a pas eu le temps de le ranger en lieu sûr. Le beau sein ferme de Dr Kouao. Elle, qui a bu sirop pour une vraie nuit. Elle, qui depuis l’église, fantasme sur le gaillard. Elle, qui a tout préparé. Elle, qui a tout organisé. Elle, qui est en chaleur. Elle, qui est bien chaude. Elle, qui brûle de désir et d’envie. Elle, qui subit les effets du sirop. Elle ne mangera pas de ça ce soir. Elle ne sera point filée ce soir. Car le mâle, le cavalier qui doit la chevaucher, est dans les pommes. Pauvre Dr Kouao Victoire ! Elle n’aura pas de victoire ce soir. Elle signe sa propre défaite. Elle tape poteau. 


Ses larmes mouillent la nuisette sexy. L’abbé Bruno est toujours étendu. Il respire. Mais il ne parle pas. Sa bouche est fermée. Ses yeux sont fermés. Il est en vie. La go essaie de lui parler encore : – « Bobrun ? Bb tiens, j’ai envoyé l’eau là ! Il faut boire un peu pardon. » 
L’abbé Bruno ouvre enfin les yeux et regarde sa bien-aimée, cette fois-ci le visage inondé de larmes. Il ne parle toujours pas. Il ne boit pas l’eau qu’elle lui propose. Mais elle pousse un gros soupir de soulagement parce qu’il est en vie.


L’abbé Bruno ne fait pas de fièvre. La couleur de ses yeux est normale. Dr Kouao fait tous les ting-tang médicaux pour se faire une idée de ce que le gnata a. Elle ne trouve rien du tout. Aucun symptôme d’un éventuel AVC.  En plus elle connaît les molécules qui sont dans les gélules que le type a avalées. Il n’y a aucun effet secondaire. 
Mais diantre, pourquoi le gars a-t-il perdu connaissance ? Dr Kouao n’a pas de réponse, mais elle est un peu rassurée quand-même. 

Est-ce qu’on va à l’hôpital avec prêtre en boxer ? Est-ce que c’est elle, Dr Kouao, qui doit accompagner le prêtre à l’hôpital samedi à 23h ? Si elle est à hôpital et que le médecin lui demande ce que le patient a, elle va dire quoi ? Si le médecin demande comment le malaise est arrivé, elle va dire quoi là-bas ?
Ce sont toutes ces idées noires qui tournent dans la tête de la pauvre Dr Kouao Victoire. 
Elle lui propose encore de l’eau. L’abbé Bruno accepte de boire un peu. Elle caresse ses joues tendrement. Elle essuie ses larmes et demande à son amoureux : – « Ça va Bb ? Dis-moi quelque-chose, je t’en prie. » 
L’abbé Bruno (d’une voix tremblante) : – « Allons dans la chambre. Je me sens très faible. » 
Dr Kouao (soulagée de l’entendre enfin) : – « Merci Seigneur ! D’accord Bb ! Tu peux te lever ? »
L’abbé Bruno : – « Oui ! »
Dr Kouao : – « Ok vas-y doucement. Lève-toi ! »

L’abbé Bruno se lève et se dirige vers la chambre. Dr Kouao a eu chaud hein ! Elle a eu peur. Elle a paniqué. Elle se lève aussi et suit son « mari » dans la chambre pour le mettre au lit. Le lit à 3 places, est dressé avec un très beau drap, couleur fuchsia. Des pétales de rose recouvrent le lit. De l’encens rose parfumé embaume toute la pièce. C’est bon. Ça sent bon. C’est frais. C’est good. La chambre a été préparée pour une nuit torride. 


Quand l’abbé Bruno était dans la chambre pour sa douche toute à l’heure, il a vu tout ça. Il a senti que la nuit allait être laborieuse et pénible pour lui. Dr Kouao, la gnanhi, lui demande de fournir beaucoup d’effort au lit. Ça l’épuise à chaque match. En plus ce soir, il a échangé avec Dame Melie par texto. Il sent que ça peut prendre avec elle. L’abbé Bruno n’avait pas la tête sur Dr Kouao. Il n’en avait plus envie. Toutes ses pensées sont désormais tournées vers sa nouvelle conquête. La pharmacienne l’épuise trop. Il a donc trouvé un kata pour échapper aux désirs insatiables de Dr Kouao. L’abbé Bruno a, en fait, simulé son malaise. Il n’a rien. Il est bandit Bobrun. C’est un chef. C’est un super gnata, l’abbé Bruno. 


Ils sont tous les deux dans la chambre. L’abbé est déjà sous la couette. Dr Kouao ne filera point ce soir. Son amoureux l’a mise dans pain. Elle ressort de la chambre pour aller éteindre la grosse télé qu’elle a achetée pour son pompier. Quand elle revient, elle range enfin le melon dans la nuisette et se couche bredouille à côté de son amoureux qu’elle croit malade. Elle est brisée. Sirop est dans son corps. Elle n’a rien eu ce soir. Le désir la rongera toute la nuit. La pauvre. Elle se contente de le serrer tout contre elle, sous la couette. Et elle pose tendrement ses lèvres chaudes sur le front de l’abbé Bruno, pour lui souhaiter une bonne nuit. L’abbé Bruno ne réagit pas. Il fait semblant de dormir. Il a un autre plan. Il pense à Dame Melie. Il pense aussi à la petite Marina qui l’a menacé. Demain est un autre jour. Demain, il fera jour.

À suivre…

Jacques Konan, l’écrivain zouglou

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