L’HONORABLE TEKY Chap 4

Chemin faisant, Dona est à la manœuvre, elle entreprend. Elle n’a pas besoin d’ouvrir la boucle de ceinture du député. Elle profite de la fermeture française du pantalon de l’élu du peuple. L’avantage des fermetures françaises c’est qu’elles se laissent ouvrir, sans difficulté, sans résistance.

Que veut dire le député de la nation en rectiligne déjà ! Alors la go donne, elle gâte le Human Right Now, pendant que le mari de Mme Teky conduit gentiment. Ils s’en vont au Gloria-Hôtel.

C’est sans chaussure et avec la chemise ouverte que Dona descend de la voiture. Il est 1H du matin au Gloria-Hôtel, à Gôzô. Elle est presque prête. Ils ont construit ce moment depuis le bar. Ils ont fabriqué l’envie. Ils ont suscité le désir en dansant et dans la voiture en rentrant. Ils sont prêts pour ce moment. Ils l’ont voulu, ils l’ont. Ils sont là, rien que tous les deux à Gôzô, à l’hôtel, en chambre, dans la chambre. Les vêtements tombent les uns après les autres, de part et d’autre, avec manière, avec façon, depuis la porte de la chambre. Le député découvre la sensualité de la go Dona. Tout est beau, tout est bien. Elle est excitante Dona, dans ses dessous envoûtants zé doux. Elle a tout prévu.

Après un corps à corps intense, Dona fait asseoir le député de la République sur le bord du lit douillet de 2 places et lui donne ça. Elle s’en occupe. Elle lui file. Oui c’est elle qui file. Dona donne et il est good. Ça prend !  Il y a eu quelques douleurs et des déchirures en sometimes, mais rien de très grave, tout se passe comme prévu.

– «T’en fais pas pour mes douleurs ! C’est juste que ça fait plus de cinq ans que la boutique est fermée. Tu as constaté que l’accès n’était pas évident. Mais j’ai adoré, les autres fois seront meilleures, je te le promets, rassure la go.

– C’est moi qui suis heureux de savoir qu’il n’y a que moi et moi seul comme client pour cette boutique. Je te promets aussi d’en être digne », répond l’honorable Teky. »

Ils y sont allés en DMC, naturellement. Aucun des deux n’a exigé qu’ils se mettent sous bâche. Ils ont aimé faire ça comme ça. Ils ont préféré faire ça, sans ça, et ce durant tout le weekend. Depuis ce jour oh, Dona est la coco de l’honorable Teky !  Il l’aime. Il file. Il file régulièrement. Il ne fait que ça. Il lance aussi sur elle de temps en temps, en argent et en cadeaux. Il a même fait installer un split dans le salon de la fille. C’est son bureau annexe. C’est son deuxième foyer. L’honorable Teky, en bon politicien, sait comment faire pour ne jamais éveiller les soupçons de son épouse. Il sait mentir. Il est bon, c’est un tourneur, c’est un acteur.

Toute la période des vacances scolaires, l’honorable Teky a fait le tour des villes balnéaires avec la jeune dame. Ils ont fait San-Pedro. Ils ont fait l’amour dans le sable à Grand Béréby, au Monogaga. Ils sont même partis à Jacqueville où l’honorable Teky est en train de construire un hôtel qu’il a mis au nom de son épouse, la décideuse Mme Teky.

À l’occasion d’un week-end à Grand-Bassam, le camarade Teky va faire une surprenante déclaration à sa copine. Ils sont chez Charly, en train de manger la spécialité de la maison, la marmite du pêcheur. Dès qu’ils finissent, le député prend les deux mains de la go et lui dit, comme s’il récitait une prière :

   – « Fais-moi un enfant, chérie ! Donne-moi un petit garçon. Tu me rendras infiniment heureux. Je t’aime et j’assume notre relation. Tu n’as aucune raison de t’inquiéter pour ma femme, je gère. Je te le demande comme un service. »

Dépassée par cette inattendue déclaration, Dona ne sait quoi dire au monsieur, dans un premier temps. Elle le fixe et réussit à placer quelques mots en lui disant,

 – « Tu es marié c’est vrai. Mais je t’avoue que j’y pense en secret, moi-même. J’ai fêté mes quarante ans la dernière fois et je n’ai toujours pas d’enfants. J’en souffre, tu sais. Mais comme c’est avec un homme que je peux le faire, donc j’attendais, puisqu’avant toi je suis restée chaste pendant plus de cinq ans à cause d’une douloureuse déception.

Je vais te faire une confidence. Tu sais que ça fait plus de six mois qu’on est ensemble. On a couché ensemble sans calcul des fois, mais il y a eu aussi des fois que j’ai provoqué, mais je n’ai jamais eu de retard. Dans tous les cas, j’étais prête à assumer et m’en occuper si éventuellement ça devrait te poser un problème.

 – Ah bon ?!!! Au moins on est sur la même longueur d’onde. J’ai deux filles, comme tu sais, donc je ne crois pas avoir des soucis de ce côté. On continue et on verra.

-D’accord bb, tu sais quoi ? Je suis même dans la période propice depuis hier, c’est pour ça que j’ai insisté pour qu’on vienne ce weekend. Donc on le fait aujourd’hui.

– Alors on n’a plus rien à faire ici. Je règle la facture et on rentre en chambre. On a un petit garçon à faire ce soir, dit le citoyen Teky, tout heureux. »

En chambre, ils vont se déployer. Ils vont s’investir. Ils inventent même des positions pour mettre toutes les chances de leur côté. Le député a de beaux restes. Il est endurant et créatif. Ils se font plaisir. Ils se donnent abondamment de jus jusque très tard dans la nuit et aussi le jus diurne, le jus matinal. Même avant de quitter l’hôtel, ils ont encore filé. Que veut dire la conception du bambin à Grand Bassam ?

Vers 17h, ils sont sous l’immeuble où habite la go. Dès qu’elle descend, elle salue quelqu’un qui sort d’une porsche panamera turbo toute noire. Il est en pantalon jeans noir et un t-shirt coton blanc nike avec une casquette. L’honorable Teky interpelle Dona pour lui demander qui c’était.

  – « C’est le chéri de l’une de mes voisines. On dit quoi ? Tu le connais ou bien tu fais jalousie ? Dit la go en souriant.

Souriant aussi, l’honorable Teky répond :

– Il y a de quoi être jaloux non ? Non mais je l’ai déjà vu quelque part. Il fait quoi comme travail ? Tu sais ?

– Ah d’accord ! C’est un vendeur de voitures. Il a son parc auto au rond-point là-bas, à l’entrée de la Palmeraie, répond-elle.

– Ok ok ! Ça va mon amour, je m’en vais. Prends soin de toi. Tu sais que tu as le petit en toi là. Rassure le député avant de quitter sa maîtresse.

Le visage de celui qu’il a vu est le même que celui du type qui a claqué la porte du bureau de sa femme, au Plateau, il y a de cela six mois. Le citoyen Teky a bonne mémoire et il est physionomiste, c’est un député. Ça va réussir.

À suivre…

 

Jacques Konan, l’écrivain zouglou

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