Femmes oubliées
des mouvements africains
de libération

Assa Traoré, une voix qui résonne depuis la France. Une femme d’origine malienne qui depuis la mort de son frère Adama Traoré des suites de violences policières, se dresse intrépidement pour réclamer non seulement la justice pour son frère mais aussi dénoncer ces violences envers les noirs en France et partout à travers le monde. Assa Traoré est une figure fortement médiatisée. Toujours prête au combat, un charisme sans précédent, elle dirige des dizaines de milliers de personnes durant les manifestations dans son combat pour rétablir la justice en France.

 

Mais est-ce la première femme de l’histoire à se battre pour la justice ? Qui sont les autres, avant elle ? En effet pour beaucoup d’entre nous, nous saurons citer Nelson Mandela, Malcom X, Thomas Sankara et bien d’autres hommes qui ont haussés le ton sur les injustices faites aux africains et afro-américains. Des hommes emblématiques. Mais nombreuses sont les femmes dont les noms ne font plus écho dans les couloirs de l’histoire. Oubliées ou volontairement omises des registres historiques soit par le sexisme qui règne dans les rangs des révolutionnaires ou par la minimisation des efforts des femmes noires.

 

Ici vous découvrirez 5 femmes, d’Afrique et de la diaspora qui malgré le temps qui passe, parviennent à rester dans la mémoire commune. Sans plus tarder, voici quelques-unes des plus grandes révolutionnaires et guerrières des droits civils :

 

1.Taytu Betul (1851–1918 Ethiopie)

 

 

Une guerrière et politicienne qui a su mener une résistance ferme contre le modèle de gouvernance impérialiste italien en Ethiopie ; etant une des rares femmes à parler et écrire couramment l’amharique dans un pays favorisant l’éducation des hommes. Dans l’ombre de son époux l’empereur Ménélik II, elle devient la femme la plus puissante d’Ethiopie et développe le plan d’action qui offrira la victoire à son peuple contre les italiens en 1896 lors de la bataille d’Adoua. Impératrice et chef de guerre, elle entre dans l’histoire comme une des plus puissantes figures de la résistance impérialiste en Ethiopie et dans l’Afrique tout entière. Taytu Betul est aussi reconnue comment étant la fondatrice de la capitale de l’Ethiopie Addis-Abeba qui signifie la nouvelle fleur et une actrice clé de la création de l’Érythrée.

 

2.Funmilayo Ransome-Kuti (1900 – 1978 Nigeria)

 

 

Une femme qui a su se distinguer comme étant une combattante du capitalisme colonial. Notamment reconnue comme une figure farouche contre les mesures de taxation des marchandes de son pays. Instructrice de formation, cela ne l’empêche pas de fonder en 1953 la Fédération of Nigerian Women pour la protection des droits des femmes en particulier le droit de vote. Ne se limitant pas au Nigeria, elle tisse des liens jusqu’au Cameroun. Elle fonde plusieurs autres organisations comme Abeokuta Women’s Union toujours dans l’optique de protéger les femmes du capitalisme et de la mesure de taxation arbitraire. Elle contribua á l’abolition de la taxe des femmes commerçantes.

 

3. Amy Jacques Garvey (USA 1896 – 1973)

 

 

Une figure moins connue que son époux Marcus Garvey, le célèbre initiateur du mouvement panafricain aux Etats Unis et fondateur d’Universal Negro Improvement Association (UNIA), Amy Jacques Garvey était d’origine jamaïquaine. Durant l’incarcération de Marcus, à la suite à d’accusations de fraude de courrier de 1923 à 1927, elle se présenta comme une importante ambassadrice d’UNIA en maintenant à flot le combat racial aux USA ainsi que l’appel à l’unité Africaine entre tous les afro-descendants du monde. Lorsque Marcus Garvey fut déporté des Etats-Unis vers la Jamaïque en 1927, Amy effectua le voyage avec lui. Cela ne l’empêcha pas de continuer à être rédactrice pour l’éditorial d’UNIA et de donner des conférences à travers le monde. On retiendra d’elle finalement qu’elle est le visage de l’UNIA et qu’elle savait galvaniser les africains de la diaspora tout entière. A ce jour le nom d’Amy Jacques Garvey n’est pas retenu comme étant seulement la femme de Marcus Garvey mais dans certains cercles de la diaspora comme la réelle patronne du panafricanisme féministe. D’ailleurs le professeur Ula Taylor de l’Université de Berkeley ne manque pas de chanter ses éloges dans son ouvrage The Veiled Garvey qui peut se traduire par La Garvey Voilée, édité en 2002

 

4. Amandine Gay (1984 – Présent, France)

 

 

Réalisatrice et féministe elle se sert de son documentaire Ouvrir la voix ou Speak Up (2017) pour dénoncer les injustices, micro-agressions et discriminations que les femmes noires vivent en France. Se produisant entre la France et le Canada, Amandine Gay s’inspire du mouvement des femmes noires aux Etats-Unis, particulièrement à travers l’œuvre de l’actrice Bells Hooks dans son Ouvrage Ain’t I a Woman (1981) qui décrit le vécu des afro-Américaines face au racisme et au sexisme. Amadine Gay se place comme une amplificatrice de la voix des femmes en France, et en particulier celle des africaines.

 

Elles sont légion, elles sont puissantes, elles sont fortes, ces femmes noires qui ont marqué et continuent de marquer l’histoire pour la lutte des droits civiques en Afrique et partout ailleurs, à travers le monde. Leur nom doit à jamais résonner dans nos milieux et évoque dans la mémoire de nos combats. Dans un monde ou les voix africaines sont très souvent étouffées, nous nous devons

 

de préserver et ériger ces femmes qui se tiennent toujours prête à défendre ce qui est juste et faire tous les sacrifices. Avec le soutien des hommes dans la préservation de ses noms nous pouvons en tant qu’Africain s’affirmer en un seul peuple uni dans le combat contre l’impérialisme.

Par Elie Akadia

 

Sources

10 Choses à Savoir sur Assa Traore

https://www.nouvelobs.com/societe/20170517.OBS9529/10-choses-a-savoir-sur-assa-traore.html

Amy Jacques

https://www.pbs.org/wgbh/americanexperience/features/garvey-jacques/

Amandine Gay

https://www.imdb.com/name/nm3700304/bio?ref_=nm_ov_bio_sm

Amandine Gay

https://www.blackwomendirectors.co/amandine-gay

Taytu Betul, chef de guerre et « Lumière » de l’Éthiopie

https://www.jeuneafrique.com/451777/societe/taytu-betul-chef-de-guerre-et-lumiere-de-lethiopie/

Pioneers of Change : Funmilayo Ransome Kuti

https://www.ncc.gov.ng/thecommunicator/index.php?option=com_content&view=article&id=441:pioneers-of-change-funmilayo-ransome-kuti&catid=23&Itemid=179

Taytu -Rise of Itege

https://en.unesco.org/womeninafrica/taytu-betul/biography

Unsung, ‘veiled’ Garvey takes center stage

https://www.berkeley.edu/news/berkeleyan/2003/02/26_garvey.shtml

 

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