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Dr Mélanie Usher, médecin pathologiste Une vie de sarcedoce et de projets

Son nom à l’état civil est : Usher Ayi Françoise Elizabeth Mélanie. Le corps qui porte cette charge onomastique est des plus ordinaires cependant, sans aucun signe identificateur ostentatoire. Oh si… quand même ! Une abondante chevelure noire. Il y a de cela une dizaine d’années que j’ai fait sa connaissance, à l’occasion d’une dédicace de livres. Cinq auteurs au programme : Venance Konan, Assalé Tiémoko, Clémentine Caumaueth, Tiburce Koffi, Mélanie Maléambo. Librairie de France, Espace Sococé, à Abidjan Cocody-les-deux Plateaux. C’est le titre de son lot de livres sur la table, en face d’elle, qui a attiré mon attention : « Assouan Usher Arsène Timothée, Mon message d’espoir à mon pays. » Au fil du temps, elle m’honora de son amitié. Portrait d’une fille à papa, mais tout à fait atypique

Dr Mélanie Usher parle de son père comme Jésus parlerait de Yahvé ; ou d’une amoureuse, de son amant. Ah ! le vieux complexe d’Œdipe ! Usher Assouan ! C’est l’ex-Maire de Cocody, ex-Ambassadeur de la Côte d’Ivoire aux Nations-Unies, ex-Ministre des Affaire étrangères de Félix Houphouët-Boigny. C’était une époque prestigieuse de l’histoire du pays. Il est décédé en octobre 2008. Le livre est donc la mémoire de son illustre père.

” En réalité, je ne devais pas signer ce livre, car tout le contenu est constitué des écrits de mon père notamment sa trajectoire d’ambassadeur, et ce qu’il a fait en faveur de la Paix en Côte d’Ivoire et dans le monde. Je garde de lui l’image d’un homme dévoué à la cause de son pays et, surtout, de la jeunesse. Il était très attentif à tout ce qui se rapporte à l’Éducation. “

Et c’est vrai. Il me souvient, à ce propos, que la « Loi de la Réforme de l’Enseignement », écrite en 1977 à l’issue d’une revendication des enseignants du secondaire de Côte d’Ivoire, fut appelée « Loi Usher ». C’est à Bourg-la-Reine, une banlieue parisienne, en France, qu’elle naît, en 1956. Elle commence ses études scolaires au lycée français de New-York où elle fait ses classes primaires ; puis le secondaire, en Côte d’Ivoire ; respectivement au Collège Notre Dame des Apôtres, au Lycée Sainte-Marie ; enfin au Lycée Classique d’Abidjan notamment pour les classes de 1ère et de Terminale :

” Les sœurs religieuses du Lycée Sainte-Marie ne voulaient pas m’inscrire en section D scientifique ; elles voulaient m’imposer des études littéraires. Ce n’était pas par méchanceté, mais par prudence, car à 12 ans, l’on m’avait détecté une maladie cardiaque. Il fallait donc m’épargner des matières ardues et fatigantes. J’ai subi, pour cette pathologie assez grave, deux interventions : la première en 1996, en France ; la seconde aux Usa, en 2001. “

Obtention du bac D en 1973 et entrée à la faculté de Médecine d’Abidjan. Des amis de promotion : Defa Wanné, Ly Ramata (aujourd’hui Ministre de l’Enseignement Supérieur.) En octobre 1977, elle est inscrite à l’université Bordeaux VI, en France en 4e année. C’est à Abidjan cependant qu’elle soutient sa thèse, en novembre 1983. Retour en France pour une spécialisation en « Anatomie-pathologie. » Puis elle rejoint le Dr Jean-Pierre Maléambo son époux, au Brésil. Elle y trouve un emploi, précisément à l’Institut National de Cancérologie de Rio de Janeiro dirigé par le Pr Antonio Nascimento, un médecin de bonne réputation. Maléambo l’époux est, lui, en pleine spécialisation en chirurgie plastique. Son Maître se nomme Ivo Pitanguy, le précurseur de cette science du corps. Jean-Pierre Maléambo en sera le précurseur en Côte d’Ivoire.

Mélanie Usher garde de bons souvenirs de ces années passées au Brésil.

” Le Pr Nascimento était un médecin de renom. Il a fait toutes ses études aux Usa, et a même travaillé à la célèbre Mayo clinic. Son pays le Brésil avait fait appel à lui pour diriger le service de cancérologie. C’est ainsi que j’ai pu rentrer dans tous les services administratifs du centre de cancérologie afin de m’instruire de la manière de diriger ce type de structure car j’avais déjà mon idée sur ma carrière professionnelle : m’installer à titre privé. “

En 1988, c’est chose faite. Elle rend démission de la Fonction publique et crée, en 1994, son centre de diagnostic. Le premier centre médical privé de diagnostic du cancer en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’ouest. Il s’appelle « Centre Wilic », des initiales de ses filles : Wilize, Loza, Inga, Cindy.

Août 2000. Dr Maleambo son époux décide de quitter le pays pour tenter l’aventure en Amérique, aux USA. Toute la famille se retrouve ainsi à Washington. Le Centre est placé sous la responsabilité médicale de Dr Anne Beaumel. Le séjour américain n’est pas de tout repos.

“Je m’occupais des enfants : les déposer à l’école, faire le ménage, la cuisine, etc. Bref j’étais devenue une femme de maison. Peu de temps après, j’obtiens un poste d’assistante du Pr Meyers Wayne, à Armed Forces Institut of Panthology .

Près de 200 médecins civils y travaillaient à cette époque. Ce fut une période à la fois instructive et aussi très difficile de ma vie à cause de l’accumulation des tâches. J’accumulais fatigue sur fatigue sans m’en rendre compte. Au cours d’une visite médicale, on me détecte ainsi 4 grammes d’hémoglobine ! La moyenne est fixée à 14 ! J’étais vraiment mal en point. L’opération urge. Mais elle coûte chère, très chère. ” 

La bonne fortune vient à lui sourire : grâce aux démarches effectuées par son médecin traitant, elle est déclarée éligible à l’opération du cœur avec une prise en charge totale par « Larry King Heart fundation ».En avril 2001, l’opération a lieu. Succès. Pendant cinq ans (2001-2006), Dr Mélanie Usher poursuit son travail d’assistante à « Armed Forces Institut of Pathology ».

 

LE MONDE CONNU SE FISSURE

À partir de 2007, des fissures commencent à lézarder sa vie. Tout commence par le décès de son père, le 13 octobre 2007. Pour elle, c’est un rempart qui part. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, son ménage connait de sérieuses perturbations. En 2010, c’est la séparation de corps. En octobre 2013, le divorce.

” J’ai vécu ce divorce comme un coup de couteau dans le dos. En l’espace de cinq ans, je perdais ainsi et mon père, et un époux qui partait pour une autre aventure conjugale en laissant pratiquement sous ma seule responsabilité quatre enfants, nos filles. Heureusement qu’elles avaient grandi. Je n’ai pas baissé les bras. Ces épreuves m’ont plutôt insufflé de nouvelles énergies avec un idéal : aider mes compatriotes, surtout les femmes, les soulager un peu de leurs détresses en matière de santé car la santé publique chez nous est dans un état déplorable. “

 

 

En 2011 déjà, elle pose ainsi ses premiers actes humanitaires.

” C’était dans le contexte de la crise post-électorale. Je parviens à réunir, à Washington, un don en médicaments de première nécessité d’une valeur de 6000 dollars que je fais acheminer en Côte d’Ivoire. La cérémonie de remise de ces dons au ministre de la Santé a lieu sous le parrainage de Thérèse Yoman, alors Ministre de la Santé. “

L’année suivante, en 2012, elle crée l’ONG WILIC International. Objectif : le dépistage du cancer du col de l’utérus, le traitement des lésions précancéreuses, l’éducation des femmes à l’autopalpation du sein pour le dépistage du cancer du sein, le dépistage du cancer de la prostate.

” C’est en 2008, au Malawi, que j’ai eu l’opportunité d’apprendre un procédé médical innovant pour le traitement des cellules précancéreuses de l’utérus : « L’inspection visuelle à l’acide acétique. » J’ai été la seule femme de l’Afrique de l’ouest à avoir reçu cette formation. “

Munie de cette technique révolutionnaire par rapport aux thérapies en vigueur, elle commence ses opérations de dépistage et traitement. Son bilan partiel ? Au moins 40 000 femmes dépistées. Des centaines de cas précancéreux traités avec succès. « C’est sa fierté », conclut-elle.

 

L’AUTRE CÔTÉ DU RIDEAU

Est-elle heureuse ? Je n’ai pas la réponse. Elle me parle plutôt de l’autre côté de sa vie, l’autre côté du rideau : c’est l’histoire de ses ambitions et fantaisies ratées et même jamais réellement vécues. Sa passion pour le sport et pour l’art.

” Il m’a fallu, très tôt, arrêter la pratique du sport pour des raisons de santé. J’avais des dons en musique : chant et piano. Toute jeune, j’ai été et je le reste une passionnée d’Aretha Franklin. J’ai commencé à l’interpréter très tôt. “

Je l’écoute chanter tour à tour Respect (Otis Redding) dans la célèbre version soul music d’Aretha Franklin ; puis elle enchaîne avec You make me feel like a naturel woman, la toute aussi célèbre pièce de Carol King reprise par Aretha, et bien d’autres pièces musicales. Elle ressuscite à merveille les accents vocaux de la star noire américaine. Sidérant. Après ce bref récital vocal, elle se met à son piano, joue Pata pata (Myriam Makeba). Puis elle lâche, l’air évasif et nostalgique :

” J’ai appris à jouer du piano dès l’école primaire, à New-York. Mon professeur a fait savoir à mon père que je suis douée dans les arts : piano, danse, un peu de chant. Quand on est rentré en Côte d’Ivoire, papa m’a inscrite à l’Ina. Je suis une ex-élève de Mme Aïdoo, professeur de piano de talent reconnu. Mais pour papa, il n’était pas question que je nourrisse des ambitions artistiques. Je devais être médecin. Je le suis devenue, et je ne le regrette pas non plus. “

Je remarque dans un angle de son salon un saxophone alto :

” Oui, j’ai fait aussi un peu de saxo, vers la fin des années 1990. J’avais vu jouer à l’hôtel Ivoire (Abidjan) un fascinant saxophoniste d’origine ghanéenne. Sammy Larthrey Jr. Son père fut un grand saxophoniste de jazz, ex-directeur de Conservatoire au Ghana, je crois. Je lui ai demandé de m’apprendre à en jouer. À l’occasion d’une tournée musicale de son groupe à Montréal, je lui ai demandé de m’en rapporter un ; ce qu’il fit. C’est lui qui m’a enseigné à en jouer. Mais mon cardiologue d’Abidjan m’a dissuadée de pratiquer le saxo à cause de mes antécédents cardiaques. Aux Usa, ce fut un langage différent. Dans l’incertitude, j’ai préféré renoncer au saxo. Avec regrets. Je regarde souvent cet instrument avec envie et nostalgie ; mais il m’inspire, hélas, de la peur. “

A l’observation, l’art semble couler dans les veines de la famille Usher. Je connais personnellement Sylvain Usher, un bon bassiste au cours des années 1989-90.

” Il pratique toujours la basse. Mes enfants aussi ont des prédispositions artistiques : Loza est styliste. Elle est douée. J’ai élevé mes enfants en observant leurs capacités inventives. À l’âge de cinq ans, Loza dessinait merveilleusement, se passait même de repas pour le dessin ! Je l’ai donc encouragée à aller dans cette direction. Cindy est une excellente danseuse. Mais elle n’a pas continué. Inga est la plus douée de mes enfants : footballeuse, pianiste, joue aussi de la batterie, chante, lit la musique. Parfois je me dis : « J’aurais pu devenir pianiste et chanter comme Aretha Franklin ». “

Je lui réponds, l’air faussement philosophe : « On ne peut pas tout avoir. Dieu ne donne pas tout à ses créatures. » Je sais que c’est une maigre consolation. Elle aussi.

Par Tiburce Koffi, écrivain

gnametkoffi@gmail.com